Les marchés des ENR et de l'efficacité énergétique restent créateurs d'emplois

Publié le 13 avril 2015  |  Sophie Fabrégat, rédactrice en chef adjointe, dans Actu-Environnement - Photo © Olivier Sébart

Malgré les ralentissements liés à la crise, les marchés des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique ont affiché, entre 2006 et 2013, un taux de croissance bien supérieur à celui du PIB.

Alors que la période 2006-2009 a été marquée par une forte croissance des marchés de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables (+13,5%), les années qui ont suivi, 2009-2011, ont été synonymes de ralentissement. Le taux annuel moyen de ces marchés est retombé à 4,1%. "Depuis deux ans, les marchés semblent renouer avec la croissance avec +7,1% de croissance en moyenne annuelle entre 2011 et 2013", souligne l'Ademe, qui dresse un état des lieux de ces marchés et de l'emploi dans sa lettre Stratégies et études. Résultat : une croissance moyenne de 8,9% entre 2006 et 2013, "nettement supérieure au reste de l'économie française", souligne Fabrice Boissier, directeur général délégué de l'Ademe.

Les secteurs porteurs entre 2011 et 2013

Mais tous les marchés ne poursuivent pas le même rythme de croissance. Le rebond a concerné trois secteurs : les énergies renouvelables, qui ont connu une forte croissance de la valeur des ventes d'énergie (+13%), les infrastructures ferroviaires, y compris les transports collectifs urbains, et les équipements énergétiquement performants. Ce dernier marché a représenté 20,7 Md€ en 2013, contre 12,5 Md€ en 2006.

En revanche, d'autres marchés ont connu une évolution moins favorable entre 2011 et 2013, et notamment les investissements dans les énergies renouvelables (-13%, contre +7% entre 2009 et 2011). La baisse des soutiens publics et les incertitudes réglementaires ont freiné le rythme d'installation du photovoltaïque et de l'éolien, entraînant un retrait de ces marchés. A l'inverse, "les investissements dans les ENR aidées par le Fonds chaleur (et en particulier la chaleur biomasse et les réseaux de chaleur) et le fonds déchets (biogaz) conservent un taux de croissance nettement positif (+15% sur 2011-2013)". Idem pour les autres énergies renouvelables électriques : l'hydraulique (+15% d'investissements annuels) et la cogénération (+19%).

"L'évolution de ces marchés témoigne d'une atteinte variable des différents objectifs de politiques publiques auxquels ils contribuent, fixés en particulier lors du Grenelle de l'environnement", analyse l'Ademe.

310.000 emplois en 2013

Entre 2006 et 2013, le nombre d'emplois liés à ces secteurs est passé de 200.000 à 310.000. Mais "l'essentiel de la progression a eu lieu entre 2006 et 2010 (+11% en moyenne annuelle), note l'Ademe. Entre 2010 et 2013, le taux de croissance des emplois reste positif pour l'ensemble des marchés mais ne s'élève plus qu'à 1,3%". Globalement, alors que l'économie française ne crée plus d'emploi, ces marchés ont vu leur effectif progresser de 6,1% par an entre 2006 et 2013.

Les emplois des secteurs de l'amélioration énergétique du logement et des investissements dans les énergies renouvelables ont régressé, entre 2010 et 2013, respectivement de 1% et 12% en rythme annuel. Ils représentent néanmoins, en 2014, 123.230 et 46.830 emplois. Dans les secteurs en croissance (infrastructures de transport, production des énergies renouvelables), les emplois sont en augmentation et se pérennisent (respectivement 114.060 et 37.090 emplois).

Pour l'avenir, l'étude se veut optimiste : des filières industrielles sont en construction (éolien offshore, énergies marines, véhicules électriques…) tandis que d'autres montent en compétence (rénovation énergétique, énergies renouvelables). Cette tendance devrait être confirmée, voire amplifiée, par l'adoption du projet de loi sur la transition énergétique, qui porte des objectifs ambitieux en termes d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique.

Sophie Fabrégat, journaliste
Rédactrice en chef adjointe

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