Climat : quelle mobilisation populaire ?

Concert d'Alternatiba place de la République, le 26 septembre 2015 (Jérémie Wach-Chastel/Alternatiba).28 septembre 2015 | Par Jade Lindgaard - Mediapart.fr - l'article sur http://blogs.mediapart.fr/...

Après un week end de rassemblements et de réunions publiques sur le climat, avec le village mondiale des alternatives d’Alternatiba à Paris en point d’orgue, une mobilisation populaire contre le dérèglement climatique est-elle en train d’émerger ?

La question préoccupe les animateurs de la Coalition climat 21, qui regroupe des ONG, syndicats, associations et collectifs en vue de la COP 21, le sommet sur le climat de décembre. Si l’on compare à 2009, l’année de la conférence de Copenhague, les rencontres et initiatives publiques sont plus nombreuses, plus diversifiées. Elles n’attirent plus seulement le petit cercle des spécialistes mais se sont élargies à un public de militants habituellement engagés pour d’autres causes : l’école, le droit du travail, la solidarité internationale, les sans papiers, l’éducation… Samedi après-midi, la bibliothèque municipale des Lilas (93) organisait une après-midi de discussion sur le climat -en présence du maire de la ville. Et dimanche, les militants socialistes de Saint-Denis avaient inscrit une discussion sur la COP 21 au programme de leur fête de la rose. Et ce ne sont que quelques exemples. Pour autant, l’ensemble de la société ne s’y retrouve pas. Les visages sont la plupart du temps blanc, les participants principalement issus de la classe moyenne.


Arrivée du tour Alternatiba à Paris, 26 septembre 2015 (JL).

C’est pour cette raison que l’association basque Bizi, engagée pour la justice climatique, a lancé son tour Alternatiba qui a parcouru la France en vélo multiplaces pendant des mois, s’arrêtant chaque soir dans une commune différente pour sensibiliser les habitants aux enjeux de la COP 21 (ils on blogué sur cette expérience tout du long sur Mediapart). Ils sont arrivés samedi à Paris pour leur étape finale, accueillis par 1500 personnes selon les organisateurs, qui ont pédalé autour d’eux jusqu'à la place de la République. Là, ils furent accueillis par le Village mondial des alternatives, mis sur pied par Bizi également: des centaines de collectifs y présentaient leurs activités en lien avec le climat : ateliers de récup, conseils en économie d’énergie, réseaux d’autopartage, cuisine de restes, éducation à la biodiversité, jardinage sans pesticide…Des concerts ont résonné le soir et en journée samedi et dimanche. Cele rappelait la Fête de l’Huma, en plus petit et beaucoup plus alternatif : repas et spectacles gratuits, stands de collectifs plutôt que de collectivités locales. Seul le syndicat Solidaires a souhaité y assurer une présence. Le tout réunit environ 60 000 personnes selon Bizi - chiffrage difficile à évaluer sur un espace éclaté où le passage était permanent. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y avait du monde, sans cesse, pas seulement des visages connus, et beaucoup de jeunes.

Les militants que j’y croise samedi et dimanche s’en réjouissent : oui, des curieux sont venus s’informer sur Tafta; oui des passants ont demandé ce qu’était la COP 21. Des parents sont venus avec leurs enfants. Un petit garçon est fier d’avoir construit une hélice. Des bénévoles se tapent dans les mains et se serrent dans les bras, heureux d’avoir contribué à cette fête sage, conviviale mais cadrée, où l’on exhorte chacun à agir pour un monde meilleur.